Nouvelle carte de France à 15 régions
Article des Echos à retrouver ici
Les sénateurs ont isolé l’Alsace, le Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, mais pas le Nord-Pas de Calais.
Il s’en est fallu de peu pour que la nouvelle carte de France compte 16 régions au sortir du Sénat. Dans la bataille acharnée que se livrent les sénateurs autour du projet de loi de délimitation des régions , les partisans d’une scission entre Picardie et Nord-Pas-de-Calais ont bien failli l’emporter ce jeudi. Mais les sénateurs se sont finalement rangés à la version des députés et du gouvernement, mariant les deux régions.
Pour Raffarin, « ce débat est décevant »
La carte a malgré tout été largement retouchée. Les sénateurs ont confirmé leur souhait d’une France à 15 régions au lieu des 13 voulues par le gouvernement et l’Assemblée nationale. Ils ont scindé Midi-Pyrénées du Languedoc-Roussillon, et l’Alsace du bloc Lorraine-Champagne-Ardenne. Le sort des régions de l’Est a tout particulièrement déchaîné les passions. Transcendant les clivages politiques, peu consensuel à droite, il a vu s’opposer le camp d’une Alsace «isolée », emmenée par le président UMP de la région Philippe Richert, réunissant aussi des écologistes et des centristes, aux tenants d’une grande région Lorraine-Alsace-Champagne-Ardenne, parmi lesquels les sénateurs UMP François Baroin, François Grosdidier, et Philippe Adnot. Ces derniers, auteurs de l’amendement, n’ont pas réussi à l’emporter, malgré des voix de gauche, et le soutien du gouvernement, qui avait retiré son amendement (identique) dans la nuit. « Les sénateurs de la majorité alsacienne ont défendu avec force les intérêts de notre territoire », s’est félicité Philippe Richert.
Le gouvernement n’a pas davantage réussi à faire valider la fusion Midi-Pyrénées-Languedoc Roussillon. Cette fois encore, les débats auront été vifs. Le sénateur Jean-Pierre Raffarin s’en est même ému. « Ce débat est décevant. Le Sénat donne le sentiment que nous sommes tournés vers nos égoïsmes territoriaux. On était partis pour faire une carte et chacun veut faire la sienne », a -t-il lancé. Non sans tacler au passage le gouvernement. « C’est parce qu’il n’y a dans ce projet ni vision ni autorité ».
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Tags: 2014, collectivités, gestion, gouvernance, réforme territoriale, région, Sénat